Introduction

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La systémique est tout à la fois une discipline et une culture qu’il peut être utile d’appréhender si l’on se donne pour objectif de comprendre, voire de faire évoluer à grande échelle, sur la durée, des collectifs humains, c’est-à-dire des systèmes tels que des entreprises, des associations, des pays, des régions du monde, etc. 

Car plus que jamais, le sentiment d’incompréhension face aux grands bouleversements du monde, nous incite à dépasser la pensée analytique et séquentielle, trop étriquée, induite par nos modèles éducatifs et nos apprentissages socioculturels. Il s’agit ainsi de reconstruire notre appréhension et compréhension du monde en favorisant une approche, qualifiée de systémique, « qui sépare sans disjoindre et relie sans confondre » (Edgar Morin), une « approche globale et intégrative » (Joël de Rosnay) qui pense les autres ou les éléments du monde, au travers de la seule chose qui soit réellement accessible à notre champ de perception et d’action, à savoir les interactions. Il s’agit pour comprendre la réalité, non pas de penser l’autre, fondamentalement inaccessible, mais l’interaction avec l’autre. Il s’agit non pas de se concentrer de manière exclusive sur les éléments ou sur le tout, mais au contraire de porter l’attention première sur les interactions entre les éléments, sur les interactions entre les parties et le tout.

Mon métier d’Architecte d’Entreprise référent me donne régulièrement l’occasion d’introduire la systémique, sous la forme d’un cours, à de futurs architectes d’entreprise. Un objectif de ce cours est de faire sentir aux architectes, en quoi leur regard personnel sur le monde est totalement déterminant dans les choix de stratégies puis les choix d’organisation qu’ils proposent.

En résumé, ce cours a pour objectif d’éveiller les esprits à des approches globales et transversales, en complément de l’approche analytique généralement parfaitement maîtrisée, et de faire comprendre, de manière simple à partir d’exemples, le passage du structuralisme, à la cybernétique, puis à la phénoménologie. Il s’agit ainsi d’aller :

  1. d’un système vu de l’intérieur comme une structure théorique (une organisation en puissance) 
  2. à un système vu comme une organisation (en actes), c’est-à-dire une structure réelle qui fonctionne et se transforme
  3. à un système vu de l’extérieur comme une boîte noire, positionnée dans une stratégie d’interactions, c’est-à-dire positionnée dans un environnement avec lequel elle co-évolue, par rapport à des finalités qu’on lui impose ou qu’elle se donne
  4. à un système qui réintroduit explicitement le point de vue du sujet observant sur l’objet observé (sujet qui construit sa vision du monde en étant situé d’un certain point de vue, à une certaine échelle, au travers de catégories de langage, de pensée et d’action) : tout système est une relation entre un sujet observant et un objet observé

Cette progression permet de faire ressortir, de positionner et d’articuler les trois niveaux fondamentaux de la systémique que sont : l’organisation, la stratégie, et la vision du monde.

Cette présentation, en éclairant l’idée de système dans toutes ses dimensions, a pour effet de redonner du sens à l’action même des architectes : Vous, architectes, êtes importants puisque vous faites partie et êtes indissociables du système que vous décrivez, puisque sans vous le système, tel que vous le décrivez et le donnez à connaître, n’existe pas !