Faire lien

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@TisserLesLiens

L’essentiel est de faire lien, d’être disposé à aimer. L’amour, l’attraction de l’autre et vers l’autre, le sens de l’autre, construisent l’être @CynthiaFleury

[À LIRE] Un réseau de pairs pour l’éducation thérapeutique des patients atteints de #diabète de type 2 au #Mali : des perspectives pour améliorer la qualité de vie de ces patients

Une publication de @CynthiaFleury et @StephBesancon

À télécharger ici ⬇️
https://t.co/s1c68Sokfd

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"Quelles que soient les formes de vulnérabilité, souffrance ou maladie, c'est souvent grâce à la consolation, la compassion d'un autre que nous tenons, que notre désir d'être est maintenu, par des paroles, des soins qui réconfortent, atténuent, soulagent la souffrance" @ZonaZaric

"La compassion, attitude éthique, existentielle, apprend à faire confiance à l'autre et à soi. Mais au-delà, comment transformer le moment de l'affection du moi par la souffrance, en moment de prise en charge, en conversion du moi pathique en sujet agissant, solidaire" @ZonaZaric

"Une belle découverte faite ensemble avec @CourtelNathalie est que, probablement, le meilleur don et le plus haut but de la compassion est de donner le temps et l'espace de la compassion envers soi-même à l'autre"

@ZonaZaric

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"Pour écouter l'autre, ne pas différencier Je, Tu, Nous. Dire la compassion, en développer une phénoménologie, suppose d'y voir une communauté originaire antérieure à toute distinction, une capacité de sortir de soi-même pour recevoir la souffrance ou la joie d'autrui" @ZonaZaric

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Éclairages


Les irremplaçables
2015


Métaphysique de l’imagination
2000


Cynthia Fleury est philosophe et psychanalyste, Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la Chaire « Humanités et Santé ». Elle a longtemps enseigné la philosophie politique (en qualité de research fellow et associate professor) à l’American University of Paris, et a été également chercheur au Muséum national d’histoire naturelle. Depuis 2017, Cynthia Fleury est professeur associé à l’École nationale supérieure des mines de Paris (Mines-ParisTech) et dirige également la chaire de philosophie à l’hôpital Sainte-Anne (GHT Paris – psychiatrie et neurosciences). (Source Wikipedia)


Extraits / citations :

« Et j’ai mis un certain temps à apprendre à admirer, à inventer l’admiration plutôt. Je n’ai pas choisi les gloires patentées. La voie de l’admiration a suivi le chemin d’émergence des irremplaçables, de ceux qui tentaient l’aventure de l’irremplaçabilité, qui allaient au-devant de leur sujet comme on va au devant du monde, précisément détachés de leur sujet, car la voie de l’individuation ressemble, sous maints aspects, à celle de la dépersonnalisation. Il ne s’agira pas de devenir une personnalité, une singularité, comme une injonction à la mise en scène de l’ego. L’enjeu est tout autre : il est relationnel. Se lier aux autres, se lier au sens, se lier au Réel, se lier à l’œuvre, l’éternité des liens comme seule vérité. Refaire lien, donc, avec l’individuation. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« Conserver son existence de manière continue, c’est participer de la cohérence d’un ordre social, l’améliorer, pour poursuivre une continuité essentielle, celle de l’expérience de la responsabilité humaine, au sens d’un agir capable d’interroger sa finalité » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« L’individu n’est pas tout-puissant. Il est résolument fini. Il n’est que frontière, ligne au-delà de laquelle il se fantasme, ligne en deçà de laquelle il se déçoit. Alors porter le regard vers l’autre et l’horizon du monde l’aide à ne pas sombrer dans le miroir de son âme. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« Découvrir la puissance de l’écrivain, seul susceptible de déconstruire la ‘servitude des signes’ et de proposer, dès lors, une rencontre avec le Réel, hors du mensonge du pouvoir » @CynthiaFleury évoquant Roland Barthes, Les irremplaçables

« Tel est le nouvel âge du décervelage : la société de consommation et des « loisirs forcés »; la tutelle des puissances de divertissement. Derrière cette forme de « loisir », il n’y a pas de scholé, pas de lieu propre pour l’homme pour construire son processus d’individuation. « La majorité de ceux qui mènent une vie absurde ne sont pas encore conscients de ce malheur. C’est la vie qu’on les contraint à mener qui les empêche de percevoir qu’elle est absurde. Voilà pourquoi ils ne font rien contre elle. Mieux : même ce qu’ils font à côté de cette vie absurde est quelque chose qu’on fait à leur place, quelque chose qu’on leur livre. […] puisqu’on les prive de leur autonomie, de la chance de devenir autonomes, ils restent aussi non autonomes pendant leur temps libre. Ils s’acquittent de leur plaisir servilement, tout aussi servilement qu’ils s’acquittent de leur job. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« L’allusion au printemps n’est pas neutre dans la mesure où elle évoque la régénérescence. Le printemps est cette saison dont l’allure est celle des matins perpétuels. C’est l’éveil en soi »  @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« L’instant à saisir, c’est l’obligation éthique pour l’homme de l’engagement. Il ne suffit pas de l’espérer. Il faut le créer »  @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« Connaître, c’est se souvenir, au sens aussi où connaître c’est choisir ce que l’on n’oubliera pas. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« Le temps est toujours à l’endroit, même quand il est à l’envers, même quand le devenir semble marcher à rebrousse-temps. Une liberté qui ne saisit pas l’instant qui lui est présenté est une liberté disparue, définitivement manquante. Certes, d’autres occasions se présenteront, mais nullement similaires. L’irréversibilité du temps donne ainsi à l’individuation de l’homme une dimension irréversible. Ne pas saisir l’instant pour cheminer vers soi, ne pas articuler le « connais l’instant » avec le « connais-toi toi-même », c’est manquer la possibilité de l’individuation, l’ajourner pour une venue plus improbable encore. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« Être un homme, c’est symboliser par-devers soi la cité, celle d’où l’on est issu, celle que l’on réforme et dont on poursuit l’institution. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« Les lois sont faites pour les faibles et par le grand nombre. C’est pour eux et dans leur intérêt qu’ils les font et qu’ils distribuent les éloges ou les blâmes ; et, pour effrayer les plus forts, ceux qui sont capables d’avoir l’avantage sur eux, pour les empêcher de l’obtenir, ils disent qu’il est honteux et injuste d’ambitionner plus que sa part et que c’est en cela que consiste l’injustice, à vouloir posséder plus que les autres. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables

« L’affectation n’est pas l’attention. Philosopher, ce sera toujours destituer le simulacre. La sophistique n’est qu’une affectation de la mesure. Sa motivation première reste le pouvoir, précisément le « tout en trop » et, si l’on en croit Calliclès, de contourner légalement la loi qui s’est faite le censeur de la nature. » @CynthiaFleury, Les irremplaçables


« Le ‘chemin tournant’ est un chemin qui s’imagine, s’invente, se crée ; un chemin que notre pensée, notre âme et notre cœur nourrissent et prolongent de leurs expériences, un chemin de vérité où le pas du marcheur règle le mouvement et pousse l’horizon » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« L’interprétation éthique est une lutte du sujet contre soi quand il cherche à fonder sa subjectivité, en tant que sujétion à l’autre, et non sujet : entendre la parole vivante, c’est entendre la luxation du moi par rapport au soi qui l’anime » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Il existe entre l’écriture et la lecture une dynamique de vie et de sur-vie, comme si la lecture ne lisait que ce qui sur-vit à la lecture, comme si l’écriture n’écrivait que ce qui s’efface et traçait l’absence de l’autre, la survie après la mort de l’autre » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« L’impossible parole ne se confond pas avec le silence : là où il y a silence, la parole advient en se taisant … L’impossible parole traduit l’exil de la parole vis-à-vis d’elle-même ; cet exil doit rester parole même si elle est impossible » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Faut-il être deux pour devenir un sujet éthique ? L’ultime acte généreux n’est-il pas le meurtre-de-soi par l’autre susceptible de donner naissance à l’être que je suis ? » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Le mouvement de la rencontre ne s’ajoute pas au visage immobile. Il est dans ce visage même. Le visage est par lui-même visitation et transcendance » Emmanuel Levinas cité par @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« L’interprétation rend compte d’une suspension résultant du contact avec autrui : c’est cela ‘se suspendre à l’éthique ‘, se suspendre au souci éthique de l’autre ; mettre son soi au service de l’autre et de ce qu’il signifie » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Prendre conscience du souci éthique de l’autre revient à interrompre son interprétation, à la biffer, à déplacer l’axe référentiel du sujet pensant à l’autre : je n’interprète plus selon mon point de vue, mais selon celui de l’autre » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

Il ne s’agit pas de dresser entre soi et le monde le voile de l’écriture ou de la lecture, mais de parcourir sous leur dais les espaces sensibles, de se tenir debout, épaules déployées comme un livre ouvert, qui propagent leur lecture » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Dans l’interprétation éthique, je m’interprète en prenant conscience de ce que je suis (interprétation ontologique), mais ‘ce que je suis’ renvoie à ce que l’autre me signifie » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« L’écrit n’est pas ce qui survit à la parole, il est ce qui exprime la survie de la parole, la mise à l’épreuve de sa propre effectivité, de sa capacité à être le lieu de la promesse en la faisant avoir lieu » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Citer un auteur, c’est donner la parole à l’amitié qui me lie à cet auteur, redonner vie au lien invisible qui me rattache à lui, mettre à jour la voie qui me mène à sa pensée, et aux réminiscences que porte en elle la voix de l’Âme » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Progager sa lecture, c’est féconder l’espace, l’ouvrir à son invisibilité spirituelle, semer les lettres fertiles dans le sol humain ; lire, écrire et se propager, étendre son être et son âme pour augmenter l’étendue même du réel » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination

« Comment découvrir la porte d’entrée des êtres et des choses ? Comment accéder à l’autre, à tout ce qui n’est pas moi, à tout ce qui m’échappe et m’abandonne à la solitude ? Oui, je vais perdre ceux que j’aime. Oui, je vais mourir. Mais à cette certitude s’ajoute une grâce ou une énigme. Il existe des instants, des lieux à mi-chemin entre monde visible et monde invisible où le temps se suspend, où la dimension de l’un et de l’autre donne accès à une vérité plus belle et plus vraie. Seules ces rencontres inestimables avec l’autre nous aident à saisir le fait même de voir ou de penser. » @CynthiaFleury, Métaphysique de l’imagination


« L’essentiel est de faire lien. D’être déterminé et disposé à aimer. Aimer est une décision, un libre arbitre, mais aussi un travail. Aimer, c’est politique, car l’amour, l’attraction de l’autre et vers l’autre, le sens de l’autre, construisent l’être. »  @CynthiaFleury, Article « L’éthique n’est pas un supplément d’âme », 7 novembre 2016, La Tribune

« C’est la qualité suprême de la rencontre : être un instant éternel ; « un peu de temps à l’état pur », aurait dit Proust.
Car la rencontre réussit cette gageure d’être le lieu de l’inédit et de la réminiscence. Ce que je rencontre, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu, et pourtant, je le connais déjà, depuis toujours, je l’ai espéré, attendu, il a construit mes rêves, mes désirs, alors rien ne m’est plus familier que lui, cet étranger. Tant que l’amour tiendra, le récit de la rencontre sera incessant. « La scène initiale au cours de laquelle j’ai été ravi, je ne fais que la reconstituer : c’est un après coup », écrit Barthes. D’ailleurs, la rencontre ne tient que par le récit que l’on en fait. S’en souvenir, c’est rajouter un nouveau signe, tout mieux interpréter qu’à l’instant « t » où la rencontre a eu lieu. Tant que l’amour durera, la rencontre, dans son récit, se densifiera encore. Elle fera sens. Elle sera grosse de l’avenir à deux, du commencement réel, car pour nombre d’entre nous, il faut la rencontre pour avoir le sentiment de sa propre naissance. Rencontrer l’autre, c’est renaître.
Avoir le sentiment de « rencontrer quelqu’un » ne débouche pas nécessairement sur de l’amour. Rencontrer quelqu’un, c’est déjà immense, et l’amitié le sait bien, l’affinité élective ou professionnelle aussi. Rencontrer quelqu’un, et une pulsion vitale surgit. Plus que du sang dans les veines, c’est la vie, le sens, l’envie, l’espérance, qui traversent nos veines. C’est un petit bout de commencement. Rencontrer, avoir la chance d’éprouver ce sentiment précieux d’être heureusement surpris par la vie, c’est si rare, et en même temps, si simple, qu’il y a toujours là matière à réconciliation avec la vie elle-même.
[…] Alors que « la » rencontre, dans sa rareté, recentre, donne le sentiment d’être enfin en vie, de comprendre ce qu’on fabrique sur cette terre, le «semblant de rencontre», celle démultipliée, produit le sentiment inverse, un peu plus d’errance. On s’y perd dans ces rencontres qui n’en sont plus, où l’autre n’est que l’instrument d’un imprévu fabriqué par le probabilisme. […] Alors, bien sûr, là où c’est délicieux, c’est quand à l’intérieur de la batterie de rencontres surgit « la » rencontre. Comme un « malgré tout ». C’est là que la rencontre, cette notion en apparence si littéraire, fait un pacte avec la théorie de l’évolution. Ceux qui sont encore là, ceux qui résistent, savent bien que l’art de rencontrer façonne leur instinct de survie à moins que ce ne soit l’inverse.
Rencontrer, c’est d’abord rester en vie, avant d’en jouir. »  @CynthiaFleury, Article « La rencontre, un pur moment darwinien », 13 octobre 2015, Libération


 

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